La naissance d'Alwena

Publié le par jessalex

Cette semaine je me suis sentie plus fatiguée et endolorie (toujours le bassin et le ventre en plus), mais je ne me doutais pas que bébé arriverait, et oui j’appréhendais l’après terme comme pour Ylan, pourtant bébé s’est décidé une semaine avant ! Quelle surprise et quel bonheur !
  

Cette nuit là c’est l’éclipse de lune, je me dis que si une insomnie me reprend j’irai volontiers voir ce magnifique spectacle ! Je me tarde à me coucher prétextant encore une chose ou deux à faire, je ne cesse de me dire que c’est pour bientôt mais ce soir au plus profond de moi je dois savoir que c’est pour maintenant.
 

J’ai d’ailleurs des douleurs de règles et des pertes différentes (sûrement encore un peu de bouchon muqueux, mais par rapport à début janvier c’est vraiment rien, je me dit que ça se trouve je suis passée de 1 doigt large à 2 !) mais je ne veut pas me faire d’illusions …
 

1h45, je me réveille d’un coup car j’ai des pertes plus importantes, je pense tout de suite à la fissure de la poche des eaux ayant vécu ça pour Ylan. Oui je pense que c’est pour aujourd’hui, après plusieurs passages aux toilettes ça coule toujours et mes douleurs de règles reprennent. J’en profite donc pour écrire un petit mot à Alex avec les dernières choses à prendre pour le départ au cas où je ne serai plus capable de parler et un petit mot aux copines pour annoncer que c’est aujourd’hui le grand jour, et je retourne me coucher. Avec l’excitation je ne pense même pas à essayer de me rendormir, je n’ai pourtant dormi qu 1h, je préfère lire les petits mots du blessingway afin de me recharger et réaliser que dans quelques heures nous serons 4 !
   

Les contractions arrivent je préfère me lever. Je mets un disque, j’allume ma bougie et je m’assois face à elle sur mon ballon ... Et oui dehors il y a trop de nuage pour profiter de l’éclipse de lune. Je me berce donc au rythme de la musique, quand une contraction arrive je souffle vers la bougie pour faire vaciller la flamme, je fixe mon attention sur cette lumière dorée, tout se passe bien.
 

Vers 3h30 alors que je m’apprêtais à prévenir Alex vu que les contractions se rapprochaient (toutes le 10 minutes des grosses entrecoupées toutes les 3 à 7 minutes de plus légères) il est descendu voir ce que je faisais, me voyant sur le ballon il me demande si ça va, je lui annonce alors que c’est pour aujourd’hui, il a du mal à y croire, se demande même s’il ira travailler… Une fois réalisé il est tout excité et boucle les valises, déjeune, prépare Ylan, il n’a qu’une seule hâte partir au plus vite à la clinique. Moi je ne m’inquiète pas et lui dit qu’on a encore le temps mais il insiste.
  

Je prends donc une douche et retourne sur le ballon en l’attendant, je souffle toujours intensément sur les contractions, en arrondissant le dos et basculant le bassin vers l’avant, mais je me sent toujours très bien, forte et confiante.
 

Nous partons vers 5h du matin, avec les vibrations des routes de campagnes certaines contractions deviennent un peu plus difficiles je me mets donc à faire des vocalises sur le souffle et ça m’aide beaucoup ! Je mets le disque que l’on m’a offert au blessingway : J’adore ! Arrivée à la clinique j’ai des contractions toutes les 1 à 3 minutes, bizarrement je gère toujours aussi bien.
 

Apres une bonne demi heure d’examen (pesée (+14kg), tension, urine, col, projet de naissance etc … elles (l’élève sage femme et la sage femme) décident de m’installer en salle de pré travail, avec une demi heure de monito car ce n’est que le début, je ne suis qu’à 2, mais elles ne peuvent pas me renvoyer chez moi vu que j’ai perdu les eaux ... Et je leur ai dit que je ne serai pas repartie, on habite pas à côté ! En gros ce n’est pas pour tout de suite. Elles me félicitent car j’accompagne bien les contractions bien que rapprochées.
  

A peine le monito branché tout se gâte. La ceinture est très fortement serrée et je ne peux plus me bercer comme je le faisais jusqu’à maintenant. Je continue donc les vocalises un peu plus fortement car la douleur m’envahie de plus en plus. J’ai 2 contractions sans pause, suivi d’une pause de 3 à 5 minutes avant d’en avoir 2 rapprochées etc … Durant la pause je m’évade dans ma yourte, je m’endormirai presque, mais après 3 séries comme ça c’est de plus en plus dure et les nausées arrivent. On me demande de changer de côté car le capteur n’est pas très efficace, sur le côté droit c’est encore plus dur, je vomis et là je ne supporte plus ce monito, je commence à me dire que je lutte contre les contractions et que, comme pour Ylan, je vais bloquer le travail. L’envie de prendre la péridurale commence çà se faire sentir, et oui j’arrive à peine, je ne suis qu’à 2 et je souffre tellement.
 

Je ne supporte plus le monito et me met à 4 pattes sur le lit en attendant la sage femme, tant pis ! Elle me débranche (les capteurs laissent une très grosses marques rouges sur mon ventre) et me donne le ballon. J’essai de me ressaisir mais c’est trop tard. Après 3 contractions rapprochées je sonne et je demande déjà la péridurale. Je suis déçue mais ce choix est réfléchis je ne pourrai pas y arriver, il est si tôt et je n’ai pas dormi et j’ai peur de bloquer le travail vu la douleur.
 

Elle m’ausculte et me dit que je suis déjà à 4 qu’il faudrait peut être réfléchir encore, mais non le choix est fait, je ne supporte plus les contractions qui m’envahissent de plus en plus fortement.
  

Nous marchons jusqu’à la salle de travail, je passe au toilettes avant, envie d’aller à la selle … mais non… je retourne à la salle ou on me dit "on vous remet un monito "… j’étais trop dégoûtée !! Il me mette cette ceinture si serrée que je relève aussitôt pour faire passer la contraction, me dise qu’il faut la garder, je sais mais les capteurs sont pas encore posés je leur réponds donc « j’ai mal » - « bein oui ça c’est normal » - « ……… »
  

Je monte difficilement sur la table, le monito est posée et là l’élève sage femme me badigeonne le bras pour la perf pendant au moins 3 contractions le temps qu’elle trouve où piquer, pendant ce temps immobile j’ai si mal, je réclame intérieurement l’arrivée de l’anesthésiste. On me rassure en me disant qu’il sera là bientôt, il termine avec une autre dame.
  

L’élève sage femme reste seule avec nous le temps de ranger ces petits trucs suite à la perf et je lui dit que ça pousse, je me dit que j’aurai dû insister un petit peu plus tout à l’heure aux toilettes, tant pis ! Elle me dit que c’est bébé qui s’engage c’est rien. Et là ça a poussé tellement fort indépendamment de ma volonté que j’essai de lui dire (j’ai la voie de plus en plus faible) « je vais faire caca ». Oui ce n’est pas très joli mais au moins c’était claire et précis elle est arrivée de suite et m’a dit « madame pas de péri » - (de plus en plus faible) « ah bon ? » - « Vous êtes à dilatation totale !! Vite monsieur appelé la sage femme, madame ne poussez pas !! »
 

C’était plus fort que moi je devais pousser, bébé poussait aussi, c’est si fort et intense que j’en reste encore tout étonnée et secouée. Je commence aussi à réaliser que je vais pouvoir accoucher comme je le souhaitais mais je ne pense pas à changer de position, je pousse déjà, je ne pense qu’à la naissance si rapide de ce petit être.
  

On me retire les monito, blouse, perf etc etc … on me met les calles pieds et après toute cette précipitation je suis enfin autorisée à pousser. Je ne cesse de pousser en continue et en soufflant, ça fait du bien d’aider enfin bébé sur le chemin de la vie. Je prends ensuite le soin de pousser lors des contractions car le passage de la tête devient difficile. « Ssssss » Oui ! La sage femme a raison, repensons à la préparation à l’accouchement ! Je l’accompagne « Sssssss Aaaaahhhhhhhhh » et oui la tête passe c’est une sensation si incroyable que je ne peux m’empêcher de m’esclaffer. Alex m’encourage de plus belle. Je n’ai pas mal mais je crie de ressentir cette force intérieur … Je n’ai pas les mots pour l’expliquer, c’est merveilleux et magnifique.
  

On me demande d’arrêter de pousser pour les épaules et on me propose d’attraper bébé. Je découvre sa tête, je l’attrape sous les aisselles et le monte jusque sur mon ventre, c’est incroyable. Bébé est déjà né, comme je le souhaitais … non, il existe tellement d’émotions et de sensations nouvelles face à cette nouvelle naissance que je n’aurai pu les imaginer.
  

Bébé pousse son premier cri au creux de mon ventre, la sage femme l’essuie en la laissant sur moi, je demande alors à voir le sexe, oui cette fois j’avais hâte de savoir mais il faut couper le cordon avant (il faut passer rapidement à une délivrance dirigée vu que la première a été artificielle). Elle soulève bébé, c’est une petite fille !
 

On repose bébé sur moi, avec Alex on s’embrasse et on pleure. Cette fois les larmes coulent à flot, je ne pourrai jamais être si heureuse et comblée. Je suis déjà la maman d un adorable petit garçon, et maintenant suite à un merveilleux accouchement qui me réconcilie avec moi-même, je suis la maman d’une petite fille ! Et notre famille s’agrandira encore, c’est sur !
  

Alwena est née a 7h45 (Ylan aussi … mais le soir !) et elle rampe très rapidement vers le sein pour téter aussitôt. Nous resterons 1h30 comme ça, dommage qu’il faille me recoudre en même temps, j’ai quelques éraillures en haut, je l’avais senti au passage de la tête), cette heure de « couture » est trés fortement désagréable !!!!
  

Suite à ça nous passons à la pesée : 3kg655, jusqu’à la dernière minutes on nous dit pourtant qu’elle est toute petite, mais non, elle cache bien son jeu ! Puis Alex la baigne, non pas pour la laver mais pour lui rappeler les moments passés dans mon ventre.
  

Nous remontons dans la chambre pour 10h, moi qui espérais accouchée avant midi !!
  

Dans l’après midi Ylan est venu faire connaissance avec sa petite sœur, il est heureux et en est très fier. Il ne cesse de répéter « il est beau », il lui caresse la tête et veut lui faire de nombreux câlins.
 

Que de bonheur en cette journée du 21 février 2008 !!
 

Tout va tellement bien que nous ressortons 3 jours après, Alwena a quasiment repris son poids de naissance (3kg590). Elle mesure 49.5cm
 

Notre nouvelle vie à 4 commence.

 

Publié dans Du côté des mamans

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